Par un ultime poser de sabots, ils ont marqué la voûte céleste de leur sceau étincelant !
Voici ceux qui broutent dans la Prairie Bleue des Etoiles :
Vaillant, un beau pur-sang arabe gris, cheval de propriétaire. Sa compagne de parc, Brise, ne l'a pas quitté en cette terrible fin d'après-midi du 8 juillet 2004. Ce sont Brise et Vaillant qui figurent en tête de la page d'accueil de notre site. L'image même de l'harmonie !
Caprice, que nous appelions notre petit « panda » et qui était compagne de box de Mac. Caprice nous a quitté en septembre 2004. Elle était parrainée par notre amie, Marie-Pierre Gibaru.
Sweety, une jument palomino : « nous l'avons aimée craintive, délicate et si navrée de chair ! Ce trois novembre (2004), nous l'avons rendue, très doucement, aux règnes de corail, de nacre et d'ambre auxquels elle appartenait ». Sweety, la bien-nommée, avait pour marraine, une amie fidèle, remplie de tendresse et d'humour, Geneviève Guillaume.
Hurum, s'est envolé un matin de mai (5 mai 2005), vers midi, dans son coin préféré du parc, près de l'érable planté en hommage à un ancêtre, Hoggar du Linon : tout fut si léger, si confiant, si harmonieux ! Hurum avait la noblesse d'âme propre à tous les pur-sang et comment définir ce qu'on appelle l'âme mieux que Victor Hugo qui la nommait ainsi : « Quelque-chose de bleu qui paraissait une aile » ? Hurum, cheval de propriétaire, était soigné par Nadège. Une plaque en bois sera placée sur le tronc des mirabelliers sous lesquels il aimait s'abriter en été. Un détail, il « adorait » les mirabelles !
Tassalit, nous avait été confiée par la Fondation Bardot. Cette belle jument alezane, compagne de stabulation de Noscar, a été foudroyée la nuit du 27 juin 2005 par un œdème pulmonaire. Ce fut affreux de la découvrir, au matin, inerte dans le parc où elle broutait encore paisiblement la veille vers 22 heures. Et ce fut affreux aussi de prévenir sa marraine, notre amie, Danièle Harand, qui lui vouait un amour immense. Il faut ajouter en hommage à celle que nous nommions « Tassa » qu'elle avait été le modèle préféré des enfants pour lesquels nous avions organisé un concours de dessins, peu de temps auparavant.
Kéchan, le 12 novembre 2005, en fin de matinée, Kéchan, notre doyen, celui que nous appelions par affection et par respect « le Grand Gris » et encore «le Fuji Yama » s'est endormi, sous les caresses de Carole, dans une absolue confiance. Il a d'abord formé un nombre certain d'instructeurs à l'Ecole Nationale d'Equitation de Saumur, puis rejoint la Société Hippique d'Epinal où il était le cheval préféré des cavaliers de dressage confirmés. Kéchan avait 29 ans et 9 mois il aura profité, pendant 11 ans, de sa retraite et était parrainé par Simone et Daniel Clasquin, David Jaunet et Clémence Robin, voltigeuse talentueuse de la Société Hippique d'Epinal ! Ainsi, en devrait-il être de tout cheval ayant servi l'homme !

Nous avons, hélas, été amenés à endormir Quatre-Quarts, mercredi le 28 décembre 2005 vers 15 heures : il souffrait, depuis le matin, d'une torsion de l'intestin grêle contre laquelle, à l'âge qu'il avait (24 ans) on ne peut rien sinon éviter l'entrée dans de trop grandes souffrances ! Quatre-Quarts fut professionnellement un cheval brillant puisqu'il a conduit la très créative et très talentueuse équipe de voltige de la Société Hippique d'Epinal vers de nombreuses victoires. Les enfants l'avaient affectueusement surnommé « Gros-Cake » ! Réformé assez tôt pour arthrose, il aura profité d'une retraite de presque dix ans ! Il repose sur la neige de Noël, aussi pure que l'est et le reste sa belle âme de cheval ! Quatre-Quarts était parrainé par Sophie Lorentz et par Laurène Valentin.

« Le 16 février 2008 », vers 17 heures 30, nous avons endormi notre mamie, Sarah ! Elle était tombée dans le parc et, à cause de la fragilité de son squelette qui a cédé au niveau des hanches, il n’a pas été possible de la relever ! Son regard signifiait clairement qu’elle désirait dormir ! Elle s’est donc abandonnée à nous et ce qui fut Sarah, s’est envolé, sous un beau premier soleil de presque printemps, vers ce vaste réservoir d’âmes que nous rejoindrons à notre tour. Sarah, si « rustique », lors de son entrée à Crins-Blancs était devenue une jument friande de caresses. Sa marraine Geneviève et l’amour qu’elle lui portait y furent pour beaucoup ! Une petite fille, au salon « Chevalissimo » de Nancy, parmi toutes les photographies de nos chevaux, avait choisi celle de Sarah, disant qu’elle était la plus belle…les petites filles voient ainsi la beauté du cœur et de l’âme au-delà des ravages de l’âge !

« Le 27 mars 2008 », la loi des séries ayant commencé à frapper, ce fut Caïd qui tomba, à cause de la boue qui avait envahi en quelques heures de pluie la sortie du parc, malheureusement en pente ! L’arthrose dont il souffrait gravement depuis quelques mois n’a pas permis de l’aider à se remettre debout, malgré l’intervention d’un ami paysan venu avec son tracteur ! Nous avons donc endormi dans la douceur et la tendresse, celui que Carole appelait son « Caïdou », son « Caïdouchka » ! C’était un aristocrate, l’élégance jusqu‘au bout des sabots, avec sa manière d’attendre qu’on lui ouvre son box, de réclamer sa nourriture, d’exécuter trois pas de valse pour récupérer des sucres supplémentaires le soir avant la fermeture de l’écurie ! Ancien cheval de spectacle, il était « adoré » de tous, il était et restera notre « star » !
« Le 2 mai 2008 », à midi trente, avec l’accord de ses propriétaires et en leur présence, nous avons du nous résigner à endormir Mac ! La rétraction de ses tendons, qu’il supportait avec un courage et une volonté de vivre hors du commun, commençait à lui infliger des souffrances intolérables ! Depuis plus d’un an, il lui fallait de plus en plus souvent de l’aide pour se lever le matin ! Kamal était devenu un expert dans l’art de manipuler Mac au réveil ! En ce début de printemps, Petit Mac avait pris l’habitude de se coucher dès son retour du parc privatif dont il bénéficiait et il ne pouvait plus se remettre sur ses jambes avant le lendemain ! Poney Courage, facétieux, friand de carottes et de…chamalots apportés par ses propriétaires, Stéphanie et Françoise Elisabeth, auxquelles il convient de rendre hommage pour l’amour exemplaire qu’elles ont porté jusqu’au bout à Mac! Pour Carole, la beauté de la crinière de Mac, si longue, tissée si joliment de fils d’argent, indiquait que ce poney venait du Pays des Fées… l’y voici reparti !
« Noscar » a été victime, à presque trente ans, d’une rupture d’anévrisme le 11 novembre vers 16 heures ! Il venait de rentrer du parc, sur un joli galop, la bouche encore pleine d’herbe fraîche ! Il n’a pas souffert !
Geneviève était devenue sa marraine depuis peu et il était parrainé par quatre autres amies : Clémence, Maryvonne, Nathalie et Yvette ! Un immense MERCI à elles !
Je connaissais « Noscar » depuis quinze ans ! Un lien très intime m’attachait à ce cheval magnifique ! Je me souviens de l’allongement de son trot sur les carrés de dressage, justifiant la comparaison avec une étoile de la danse ! Oui, les chevaux sont des danseurs sur pointes extrêmes ! Ils se déplacent sur l’ongle d’un doigt et seul le sabot, ce merveilleux écrin de corne, si fort et si fragile, se pose sur le sol ! Ainsi, nos chevaux occupent-ils le « passage », ô combien ténu, du terrestre au divin !
Vraiment, ce fut pour moi un honneur de pouvoir offrir à ce prince d’ébène et d’acajou une fin de vie baignée d’amour ! Carole.

La Belle aux Yeux d’Amande est morte !
Dans la paix de sa maison bienaimée (son box)
Entourée de tout notre amour et
De la présence de tous ses compagnons d’écurie,
Nous avons endormi Olivia en fin d’après-midi, le 25 novembre
A la suite d’une hémorragie pulmonaire !
Elle avait presque 30 ans et souffrait depuis plus de dix ans
D’emphysème
En 2002, Olivia entrait à Crins-Blancs où toute l’équipe était aux petits soins pour cette dame fragile ! Devenue très âgée, elle nous imposait, en été, quand l’habitude est de sortir les chevaux la nuit, un rituel bien particulier : elle attendait une ration de grains supplémentaire, puis se promenait dans les allées de l’écurie, réclamant un sucre ou un bonbon-cheval et dès que la température semblait lui convenir, se dirigeait vers le portail ; il fallait alors l’accompagner jusque sous les mirabelliers, lui cueillir un fruit ou deux et, en l’absence de mirabelles, lui offrir un dernier bonbon suivi d’un doux câlin ! Elle rejoignait ensuite les siens, la tribu à laquelle elle appartenait, loin sur la colline ! Selon sa forme, cela se faisait au pas, au trot ou quelquefois au galop !
Nous n’irons plus sous les mirabelliers !
La Belle aux Yeux d’Amande est morte !
Novembre 2009
Et pour son départ
Nous ne pouvions rêver manteau plus somptueux !
Nous avions souvent essayé d’imaginer la mort de ce grand cheval
Et nous avions l’intuition
Qu’il se coucherait comme un chêne
Ce qui arriva !
En début de soirée, dimanche 10 janvier 2010
Noble Mane souffrait, depuis un certain temps déjà, d’un gros souffle au cœur ! Et c’est le beau cœur de notre ami qui a lâché !
Nous avions eu la chance de fêter ses trente ans, fin mai ! Noble Mane était à l’honneur dans le neuvième numéro des « P’tits Echos de Crins-Blancs » ! Voici le portrait qui en avait été dressé :
La rendaient redoutable, une brusquerie réelle et même une vraie sauvagerie dès qu’il s’agissait de nourriture : distribution de carottes, de foin ou de grains ! Ceux qui passaient par là à ces moments hautement névralgiques en ont quelquefois fait les frais sous forme de coups de boule et…de dents. A l’heure des repas, elle avait compris que la grande porte métallique de son box déclenchait un bruit d’enfer quand elle la secouait, ce dont elle ne s’est pas privée pour sonner l’heure des repas !
Mais autrement, Peggy était la plus câline des juments ! Friande de nos caresses et notamment de gratouillis et de bisous sous le toupet, elle plongeait alors sa belle tête entre nos mains y déversant le souffle si chaud de ses nasaux !
Le trait le plus touchant de Peggy fut pour nous son rôle qu’elle prit si naturellement à cœur et quelle remplit si bien de maman adoptive auprès de Hachisch, arrivé chez nous fort traumatisé par son sevrage trop tardif d’avec sa véritable mère.
Peggy, de par sa propre histoire liée fortement à la nôtre, est la représentation parfaite de ce que le monde de la protection équine peut engendrer, tout à la fois, d’amères désillusions et d’immenses satisfactions !
A cause de cela, elle demeurera le cheval emblématique de Crins-Blancs !
Peggy nous a quittés le 11 mai 2010, victime d’une attaque cérébrale.

Et que j'ai mal à cette partie de moi que l'on m'a arrachée si violemment !
Je l'ai aimé, ce cheval, du plus profond de mon coeur ! C'était une relation tellement particulière avec Aram, mon Aram, l'amour de ma vie ! C'est lui qui m'a permis de grandir en trouvant mon équilibre !
L'avoir confié à Crins- Blancs aura été pour lui une chance inestimable, la chance de pouvoir profiter d'une retraite paisible, aux côtés de ses congénères, et surtout de pouvoir bénéficier de soins et de beaucoup d'attention !
Maintenant, il y a les autres ! Les Crins-Blancs, mais aussi tous ceux qui ne connaissent pas une telle retraite ! Alors, il faut continuer à se battre pour la cause des chevaux ! Le combat va être rude, mais nous y arriverons ensemble, comme nous l'avons toujours fait.
Que la petite âme d'Aram repose en paix désormais, parmi ceux qui sont déjà partis ! Mon amour pour lui ne s'éteindra jamais et cette partie de lui que j'ai en moi, personne, oh !, personne ne me la prendra !
Nadège avait sept ans lorsqu'elle l'a rencontré à la Société Hippique d'Epinal où il était l'un des chevaux d'école et d'instruction les plus intéressants et les plus doués ! Nadège a d'abord été la marraine du P'tit Gris puis sa propriétaire quand le club l'a reformé, à l'âge de onze ans, prématurément usé par le travail en reprises et en compétition. Peu de temps après, il a rejoint notre refuge dont Nadège est un des principaux piliers ! Il nous a quitté à 21 ans et aura donc profité tout juste dix ans de sa retraite !
C'est si dur !!!!" Signé Nadège.
Et voici ceux qui furent leurs compagnons :
« Queue-Coupée », notre beau chat adopté, est mort le mardi d’après Pâques 2006, victime du virus FIV ! Ce « sauvage » qui arrachait la nourriture de son plat et s’enfuyait avec elle s’était adouci jusqu’à aimer nos caresses et à devenir le meilleur ami de nos chevaux ! Sa place de sieste préférée était le muret du box de Voie Lactée qui envoyait sur le dos frileux du petit félin, le souffle chaud de ses naseaux !

Notre petit bouc « Lulu » est mort le 5 janvier 2008, à la suite d’un conflit d’autorité entre lui et le chien voisin que Crins-Blancs avait pris en sympathie parce qu’il n’était pas bien traité ! Il y eut de la jalousie de part et d’autre, une agression de Lulu qui chargea le chien et la vengeance, terrible, de ce dernier ! Nous pleurons Lulu mais le chien qui risquait l’euthanasie a trouvé une famille chez laquelle il est suivi par un éducateur canin. Aimé et éduqué, celui qui est, après le changement de son nom, devenu « Oslo » est maintenant heureux !

Une pensée aussi pour ceux disparus bien avant : Hoggar, Nestor, Marie, Othello, Lord, Naura, Epi, Johnny, Noëlle.